Le bogolan

Le bogolan

Le BOGOLAN ou BOGOLAN FINI est un terme Bamanan ; il signifie littéralement : « le résultat que donne l'argile ». En effet, la teinture du tissu est le résultat obtenu lors de l'application de l'argile sur le support textile. L'origine du nom Bogolan vient du bambara : BOGO = argile et LAN = fait de.
Plusieurs ethnies perpétuent encore la technique du bogolan traditionnel : les Dogons, Les Senoufos, les Malinkés et les Bambaras. Héritiers de cette tradition, ils développent chacun un style singulier évoluant à travers les âges.

Ce travail artisanal était en général réservé aux femmes âgées ne pouvant plus se consacrer aux travaux éprouvants, ainsi qu'aux plus jeunes lors de la saison sèche, et aux autres femmes lors de leur temps libre. 


Les femmes créaient des vêtements pour la communauté (trousseaux de mariage, pagnes, pantalons, tenues de chasse, de travail ou de parade). A l'origine, chaque tenue, de par ses motifs et ses coloris, était vouée à un usage particulier. Ainsi le bogolan avait une signification particulière en fonction des motifs représentés et des couleurs utilisées. Les codifications étaient précises. Les tenues et les motifs traditionnels ont donc eu des fonctions et usages particuliers : tels motifs de pagne pour l'épouse, tel autre pour la jeune fille, pour le néo-circoncis, pour le chasseur, pour le mariage, etc…).
Les hommes se sont initiés à ces techniques et sont devenus de véritables artistes. Ils expriment, à travers les Bogolans, leur créativité artistique, en mêlant traditions et graphismes esthétiques. Ces nouveaux artistes sont en pleine évolution  et sur des bases de traditions ancestrales, ils reformulent  l'usage du Bogolan : vêtements occidentaux, ameublement (rideaux, dessus de lit, sièges...). 
 
Nous travaillons avec des coopératives de femmes maliennes et des artistes africains réputés, dans le respect des principes du commerce équitable, pour un partenariat durable ; nous leur payons à l'avance un juste prix, défini d'un commun accord.
Nous veillons à la qualité des produits utilisés (teintures naturelles) et du coton vierge, qui est l'un des meilleurs au monde, en terme de qualité et de finesse. Mais si certaines créations paraissent « au goût du jour », la fabrication reste traditionnelle et artisanale. La réalisation d'un couvre-lit de 3 m sur 2 peut nécessiter jusqu'à une semaine de travail. 
 
Le principe du Bogolan est une succession, à partir du coton blanc, de trempage, de rinçage et de séchage au soleil.
Le support est un tissu vierge 100% coton.
Après le ramassage du coton,  celui-ci doit être filé à l'aide d'un fuseau. Puis vient le tissage réalisé sur un métier par les hommes. Ils fabriquent des bandes de prés de 30 mètres de longueur sur une largeur de 10 à 12 centimètres.
Ces bandes de coton seront ensuite cousues entre elles afin d'obtenir un pagne, un plaid, tapis mural ou autre.

Coloration : les teintures
Toutes les nuances colorées sont obtenues à partir de  minéraux et végétaux. Les teintures sont essentiellement naturelles (noir, marron, blanc). Elles sont obtenues par la macération de feuilles ou d'essences naturelles de fruits. 
L'intensité des couleurs est obtenue par la répétition des opérations: application de la pâte d'argile, lavage et de nouveau séchage jusqu'à l'obtention de la couleur désirée.
Par exemple, l'application de décoctions végétales issues du tamarinier permet de fixer le noir et l'ocre jaune.
Création : le dessin
Sur ce tissu préalablement imprimé, l’artiste applique alors les couleurs: motifs de la vie rurale ou urbaine africaine, de la nature, des animaux ainsi que les innombrables idéogrammes et formes géométriques.
Ces scènes de la vie quotidienne africaine, ces idéogrammes sont réalisés le plus souvent à main levée (parfois au pochoir) avec des bâtonnets, des plumes, des spatules, des brosses.
L'artiste applique alors de l'argile provenant du Niger et fermentée dans une jarre, puis un lavage permet d'enlever l'excédent de matière et le séchage au soleil fixe les couleurs par réaction.
Les bogolans sont des textiles longtemps considérées comme précieuses par la royauté de l'Afrique de l'Ouest. Les dessins sont créés avec des teintures naturelles rouge, noir, ocre, brun et blanc. D'étroites lanières sont tissées à la main, puis elles sont cousues, les unes aux autres, dans le sens de la longueur. Ensuite on effectue la teinture. Les couleurs proviennent de feuilles de sorgho, curcuma et henné.